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Blog Evangile 21

La croix de chocolat

April 17, 2014 | 6:51 AM CT
Pâques est à nos portes!  Friandises, chocolats, cocos, chasses au trésor et festival des dentistes! Perdue dans cette profusion de sucreries, notre société a oublié le sens profond de cette fête : une résurrection précédée d'une crucifixion, une libération précédée d'une condamnation, une abondance précédée de souffrances.

La croix précède le tombeau. Elle est inévitable.  Sans cette souffrance, il est impossible de connaître la nouvelle naissance.  Aujourd'hui, Pâques est enfouie sous les douceurs sucrées et chocolatées, mais la croix, elle, n'est pas faite de chocolat.  Elle est faite de bois, de sang et de douleurs. Pourtant elle peut éclater en une effervescence de saveur.  La grâce que le Seigneur offre est un fondant pour l'âme! Mais pour y goûter, il y a au préalable la douleur.  Pour déguster le chocolat, il faut briser la tablette.

Briser la chair

008-jesus-diesNotre nature profonde, la chair, est trop souvent pralinée artificiellement et sous-estimée.  Nous l'excusons, la justifions et l'adoucissons en deçà de ce qu'elle est véritablement.  Nous sommes nés avec elle, normal que nous n'en soupçonnions l'amertume.  Cependant, la Parole de Dieu est directe et dure à son propos : aucune saveur ne peut s'en dégager sans émettre une odeur de mort.  Elle et l'Esprit de Dieu n'ont rien en commun (Gal ates 5:17).  Lorsque la chair rencontre la croix, les clous sont au rendez-vous.  Si la crucifixion n'a pas le dernier mot, aucun espoir n'est possible.

Lorsque l'apôtre Paul dit « Je suis crucifié avec Christ » (Gal2:20), il ne dit pas que Dieu veut nous dénaturer, mais plutôt nous transformer à l'image de son Fils.  Il ne veut pas substituer notre tempérament ou notre personnalité, mais nous convertir à la source même.  Christ qui vit en nous : l'espérance et la gloire de tout chrétien.  Comme pour le chocolat, plusieurs essences, saveurs, additions et recettes en font varier les nuances, mais à la base, il a fallu briser et moudre le cacao, puis le chauffer et le mélanger au reste des ingrédients. Pour qu'un instrument de mort comme la croix gagne en saveur, la chair doit elle-même être brisée, moulue, chauffée et dépouillée.   Chacun désire l'intensité du St-Esprit, mais cette saveur unique n'est possible que dans la mort : celle de la chair crucifiée sur la croix.

« Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. »
— Galates 5 : 24


Briser la mort

L'homme a une peur viscérale de la mort.  Pour l'homme naturel, c'est la fin de toute chose... pour l'homme spirituel, c'est le renouveau et l'aboutissement de la foi et de l'espérance.  Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le Royaume de Dieu (Jean 3 : 3)! Si le grain de blé ne meurt, il ne porte pas de fruit (Jean 12:24).  Pour un chrétien, cette peur irrationnelle lui fait retenir les arômes destinés à être partagés, elle s'accroche à des réflexes encore vivants d'une nature morte  « héritée de nos pères ». Apprivoiser la vie, c'est s'abandonner à la mort, une mort à nous-mêmes (Colossiens 3:20).

Le courage d'être chrétien c'est de réaliser que la mort n'est qu'une escale.  Un tournant décisif et obligé afin de porter du fruit.  Cette mort ne se produit pas dans le cercueil, mais bien sur la croix.  C'est une mort décisionnelle, une crucifixion factuelle (Romains  5:14).  La peur de mourir au confort, à la sécurité, et au statu quo sont d'autant d'enrobages qui retiennent hermétiquement  la bonne odeur de Christ que Dieu désire émettre au travers de nous.  Pour donner de la saveur, il faut sortir de l'emballage.  Une vie sans enrobage et sans faux semblant, un goût original et sans additifs : celui de l'Évangile.  Pour libérer toutes les effluves, le seul chemin possible est la croix.  La croix, c'est la mort à une vie banale et insipide.

« Celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n'est pas digne de moi. »
— Matthieu 10 : 38


Briser la vie

Pour le chocolat, sortir de l'emballage signifie l'inévitable : s'offrir à être croqué, se laisser briser, ingérer et digérer.  Il n'existe que pour cela!  C'est, en fait, le but de sa vie.  Son ultime mission est d'apporter ce goût de douceur à celui qui le prendra.  Pour que la croix apporte une saveur de ciel, elle doit passer par l'acceptation du sacrifice et de la souffrance.  Même notre Seigneur n'y a pas échappé, lui qui était pourtant sans péché (2 Timothée 3:12).

De nombreux évangiles tentent d'imiter la plénitude du véritable, mais une seule saveur est la réelle.  Celle d'une vie consacrée entièrement à l'avancement du Royaume de Dieu.  Celle d'un abandon complet où celui qui est habité du Saint-Esprit offre son corps comme un sacrifice saint et agréable (Romains 12:1).  Cela semble contradictoire, mais c'est dans cet abandon et ce « prêt-à-souffrir » que se trouvent la véritable richesse et la saveur originale.  C'est lorsque l'on goûte à  la croix que l'on discerne la différence.  C'est à travers les épines, le soleil et les clous que la véritable saveur de Christ transcende la souffrance et révèle la richesse de l'Évangile.

« Il a plu à l'Éternel de le briser par la souffrance ...  Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours ; Et l'œuvre de l'Éternel prospérera entre ses mains. »  — Esaïe 53.10

Pâques, c'est la résurrection du Christ, la vie renouvelée, l'espoir d'une vie de plénitude, mais le tombeau vide pointe implacablement vers la croix.  L'évangile prêche la souffrance.  Une souffrance libératrice et nécessaire pour connaître la véritable vie en Christ.

Une vie chrétienne sans souffrance est un chocolat sans cacao, sans saveur et sans intérêt.  Non, la croix n'est pas en chocolat, mais la saveur qu'elle produit, lorsque la chair y est crucifiée, en est une de vie d'espoir, et , pour rester dans l'image, de douceur au palais de quiconque y croque.  Pour Pâques, offrons-nous nous-mêmes comme la saveur que Dieu veut donner à un monde perdu sans Lui.